Le Bâtard de la Louveterie – Prélude: Je suis Rhuyzar

Posté par rhuyzar le 1 février 2010

Je suis né François mais sans racines.
J’ai vu les beaux écrits sur les hommes preux et les quêtes courageuses.
J’ai pris les armes pour être comme eux.
J’ai vu la guerre, l’horreur et le sang. Et je suis mort, une fois.
J’ai ressuscité dans les bras d’une femme, dont la folie m’a bercé.
J’ai jeté mes armes et je l’ai suivie, mais je ne l’ai pas retrouvée.
J’ai rencontré mon peuple et je l’ai aimé.
J’ai rencontré la Licorne et je l’ai aimée plus que mon peuple.
J’ai servi mon peuple en servant la Licorne, et j’ai juré.
J’ai souffert pour mon peuple et j’ai vu mes Frères souffrir pour le leur.
J’ai compris ce qu’était un Chevalier et j’ai pleuré, et je suis mort, deux fois.
J’ai repris pied parce que j’avais juré et qu’un Chevalier ne ment que pour tuer.
J’ai brisé mon âme pour mon peuple et j’ai connu la solitude.
J’ai vu mes Frères tomber, l’un après l’autre, et j’ai vieilli.
J’ai quitté mon peuple et je suis mort, trois fois.
Je suis né dans le sang et je m’en suis abreuvé, parce que je suis un Chevalier.
J’ai servi la Licorne et j’ai piétiné mon âme, parce que mon Roy le voulait.
J’ai mis le collier, les gantelets, le mantel et j’ai pleuré mes Frères.
Je me suis perdu dans les guerres et les combats sans raison et je suis mort, quatre fois.
J’ai jeté les attributs et j’ai repris ma monture, pour le sud.
J’ai vu les ruines et les sombres peaux gardiens du souvenir.
J’ai laissé ma chair et suis revenu vers mon Roy, sans âme, sans rien.
J’ai chancelé face au mensonge, à la haine et la souffrance.
J’ai regardé mes cheveux, ils sont blancs, j’ai trente ans.
J’ai connu mon fils. Il ne me connait pas et j’en suis mort, cinq fois.
J’ai perdu le Loup, j’ai attrapé un Corbeau.
Je l’ai fait voler et croasser la mort et les guerres, mais personne ne l’a écouté.
J’ai pris un siège et je me suis assis pour contempler la plaine jonchée de cadavres.
Et ceci sera ma dernière mort, la sixième.

Ecrit attribué à Rhuyzar de la Louveterie dict le Chevalier aux Ailes Noires, Vicomte de Delle, Maréchal de France, Chevalier de Plein Droit de l’Ordre Royal de la Licorne.
Rédigé vers 1458, ère médiévale.

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Renaissance – Sens Musical

Posté par rhuyzar le 1 février 2010

Article qui date un petit peu, mais que j’ai envie de publier pour relancer un peu mon écriture sur ce blog. Article un peu spécial, comme vous allez le voir certainement, qui tranche un peu avec ce que j’écris d’ordinaire. Mais comme on dit des imbéciles, j’ai décidé d’être l’exception.

 

Bande-son: Les Cowboys Fringants (Les Etoiles Filantes, Hannah, La Reine, Ces Temps-Ci, Entre Deux Taxis ou Rue Des Souvenirs).

Il est des soirées ainsi. De celles qui succèdent à une semaine qu’on n’a aucune réelle envie de retenir. De celles qui sauvent des jours sans intérêts dont la déception s’installe et fait son trou dans notre poitrine. De celles qui apparaissent de nulle part, comme une étoile filante dans un ciel nu de Bretagne et dont on ne saurait donner la logique, la raison, le sens.

A quoi bon d’ailleurs ? Décortiquer les faits, les choses apporterait-il un peu de réconfort, de sécurité ? Saisir les fils qui font se mouvoir les marionnettes que sont nos ressentis nous permettrait-il d’accroitre notre emprise sur ce que nous sommes ? Ne serions-nous pas follement désespérés à la vue des possibles mécanismes qui régissent nos folies, nos peines, nos envies ? Ne briserions-nous pas la seule magie de notre être, la seule qui échappe à notre quête effrénée du savoir, du pouvoir, de l’avoir ?

« Chaque soir, elle prenait sous son aile,
Des clochards et des junkies de fond de ruelle.
Comme un ange, gardien venu du ciel,
Qui serait atterri dans les poubelles. »

Nulle question n’illuminera cette énigme qui gagne à se parer de mystère. Nulle réponse n’entrainera bonheur, paix intérieure ou soulagement. Ce qui est caché doit le rester sous peine de perdre tout intérêt. Telle est la morale qui berce l’Histoire de ce que nous sommes, ou prétendons être. Laissons-nous bercer par ces courants d’ignorance et jouons à chercher sans vouloir comprendre, amusons-nous de notre insignifiance face à ce qui nous agite.

Me perdre est souvent ce qu’il m’arrive de mieux. Me caler dans une chaise avec une compagne mousseuse au goût acre du pays aux vertes vallées. Parler, échanger avec les passagers, les habitués, rigoler, ironiser, bercé par la musique jouée dans la salle aux tables de bois. N’être plus rien d’autre que joie et insouciance, loin des questions et des problèmes qui aspirent toute volonté de décrocher.

« Oh qu’il est triste le sort des amoureux,
Se disait le vieux chauffeur amusé.
Car on commence toujours à se dire adieu
Dés notre premier baiser. »

Les notes volent, voltigent, et oui, Nadia tu as raison, qu’importe le talent, la volonté, le musicien, si le sourire est là alors la musique est bonne. Et la mousse est au fond du verre, le liquide a disparu et s’est lié à tout, à rien, caressant, cajolant l’âme réceptive du buveur consentant.

Et puis il y a ces surprises. Un visage aperçu, croisé déjà, auquel on ne s’attend pas. Des souvenirs qui remontent, qui s’installent. Souvenirs de mots échangés, de sujets abordés, d’ouvertures consommées. Alors on est heureux, car cette soirée que l’on concevait calme, paisible et assez quelconque prend cette tournure inattendue. Et on s’ouvre, on saisit les mots au passage, on se les approprie, on les renvoie transformés, par nos yeux et nos doigts, ou on les garde au chaud, comme un trésor sans valeur qui n’a de sens que pour qui le voit.

« Si elle avait confiance en elle autant qu’elle a de coeur,
Son grand potentiel s’rait là pour semer du bonheur.

Mais quand on t’a brisée, la vie est ben plus malaisée. »

Il est des soirées ainsi. Où au petit matin les rues ont changé, où l’air est chaud et réconfortant. Et ce n’est ni le Whiskey ni la Kilkenny qui en sont la cause. Un mystère ? Gardons-le tel quel et chérissons-le pour ne pas le briser.

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Juan Carlos m’a tuer

Posté par rhuyzar le 27 septembre 2009

Une lettre. Un mot. Une phrase. Une ligne. Une feuille. Ecrivons. Rédigeons. Martelons les touches du clavier jusqu’à ce que l’ensemble soit digne de se nommer texte ou écrit. Activité que j’avais un peu laissée de côté depuis mon départ pour Nantes. Beaucoup de mouvement, d’occupations, peu de temps pour me poser, réfléchir et mettre en forme ces pensées que l’on nomme convictions, idéologies, croyances…

 

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je ne ferai preuve d’aucune originalité quant au choix de mon article. Je vais parler du pire fléau qui ait jamais menacé l’humanité depuis ce jour où nos ancêtres un brin primaire décidèrent de se taper un bout de viande, comme ça, pour voir. Tremble Apocalypse ! Rangez les Trompettes du Jugement Dernier, car après ce jour elles n’effrayeront plus jamais personne ! A côté de ce qui plane, tel un vautour menaçant et tout le barda, au-dessus de nos têtes les vilains terroristes musulmans binaires barbus et anti-démocratiques ouh les vilains font figure de gentils bisounours dansant une farandole entre potes. On va stopper là l’élan métaphorique que l’évolution de mon moi profond n’a pas laissé en arrière et donner la solution du problème de niveau CM2 aux plus abrutis d’entre vous : je vais causer de la grippe cauchemardesque de la fin du monde.

 

Je vais reprendre une super phrase d’Eric Tabarly, qui disait : « dans un groupe de personnes, il y a toujours une proportion de cons », pour oser affirmer que question proportion on a du exploser les records.

 

On ne s’étonnera pas de la complaisance des médias, toujours en quête de sensationnel pour booster leurs ventes ou faire la lèche aux grands de ce monde, ni des effets d’annonce tous plus crétins les uns que les autres d’un gouvernement qui ne vit, on le savait déjà hein, que pour l’image et l’illusion d’utilité. Dans un système à bout de souffle, où le mot démocratie a perdu toute son essence, ce sont des crises de ce genre qui permettent de détourner le regard du grand n’importe quoi qui compose notre société et plus particulièrement des hautes sphères qui ne sont que l’image au carré de l’état d’abrutissement dans lequel nous nous trouvons. Mes mots sont durs, mais ils sont justes, nous sommes un monde de cons, nous l’avons toujours été, depuis l’époque où nous reconnaissions le « droit divin » à de simples humains jusqu’à celle où nous avons établi le « droit démocratique » pour justifier le pouvoir dictatorial d’une minorité privilégiée.

 

On pourra cependant s’inquiéter des réactions que vont provoquer ces annonces au sein de ce qu’on nomme communément et en se marrant franchement le Peuple. Pour l’instant la psychose ne gagne que les institutions, les administrations et les services publics qui menacent tous de fermer pour éviter toute pandémie (avec un virus volatile comme la grippe c’est vrai que c’est foncièrement très utile. On compte expulser les gens de chez eux pour qu’ils ne soient plus en groupe ? ), n’apportant là que la preuve de leur incompétence et de leur bêtise, alors même que la grippe tue des gens chaque année et qu’on en fait pas tout un fromage. Mais encore une fois, ceci n’est en rien surprenant, déplorable mais non étrange, des élites qui se nourrissent des psychoses populaires ont besoin que leurs services leurs emboitent le pas pour donner l’illusion qu’ils ont raison.

 

Non, ce qui fait en revanche franchement peur, ce sont les réactions des gens basiques et crétins comme vous et moi (enfin surtout comme vous, avouons-le), leurs discussions et leurs réflexions… J’ai l’étrange impression que personne ne se pose la question de savoir si tout cela ne serait pas un tout petit peu exagéré et si au final on aurait pas juste affaire à une grippe à la con qui va tuer des vieux, des gosses et épargner à peu près une grande majorité de la population. Ah si, les personnes atteintes du SIDA ou de toute autre maladie flinguant le système immunitaire risquent aussi leur peau, mais ça ne va pas les changer beaucoup de d’habitude. Tout le monde a l’air de trouver normal qu’on dise partout qu’une « grippe » va tuer tout le monde… On parle d’une grippe hein ? On a bien dit GRIPPE. Et si tout le monde se renseignait un minimum, on constaterait alors que les chiffres meurtriers de cette Peste des temps modernes dans l’Hémisphère Sud (où l’Hiver se termine, donc pour eux ça va aller mieux puisque c’est en Hiver que la grippe est la plus « dangereuse » ) sont un tout petit peu ridicules comparés à une grippe saisonnière habituelle.

 

Et puis il y a ce fameux vaccin, et ce fameux médicament, développés avec éthique et altruisme par les laboratoires pharmaceutiques, qui, comme chacun sait, sont des organisations à but humanitaire, y’a qu’à regarder l’Afrique. Produits dont on sait avec certitude qu’ils excitent la sensibilité et donc l’apparition de maladies dites auto-immunes parce qu’on les bourre de saloperies pour que ça coûte moins cher et que ça rapporte plus de fric. Je trouve superbe l’idée qu’un produit sensé « soigner » puisse avoir comme effet secondaire de forcer l’organisme à se frapper tout seul avec ses propres armes.

 

Mais non, nombreux sont les gens à adhérer à cette psychose collective (oui, serpent qui se mord la queue) et à ne pas vouloir voir plus loin que le bout de leur nez parce que ça les obligerait à sortir un peu de cette facilité qu’est l’abandon de son libre-arbitre à ceux qui ont envie de s’en servir. A croire à l’importance de la « prévention » d’une maladie qui ne peut être prévenue (et encore moins par un vaccin, la grippe ça mute en permanence) et qu’on sait très bien guérir depuis longtemps, et qui ouvrent la porte à des comportements rappelant l’attitude vis-à-vis des lépreux ou des pestiférés d’antan. Bientôt on s’éloignera de quinze mètres de chaque personne qui tousse, on jettera des cailloux aux gens sortant de la pharmacie et quand on ira chez le docteur pour une grippe on en ressortira avec une crécelle ou un brassard.

 

Personnellement, et vous vous en doutez, je refuse de me prêter à ce jeu stupide et je compte bien saisir chaque opportunité de m’opposer à ces principes. Lutte passive, lutte active, l’avenir le dira mais je vous invite à en faire de même et à contredire systématiquement chaque personne de votre entourage qui basculerait dans la peur irraisonnée ou adopterait un comportement dangereux vis-à-vis d’autrui. C’est une grippe, et la grippe quand elle est soignée, on n’en meurt pas.

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Sexe, seins et poils

Posté par rhuyzar le 4 septembre 2009

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ps: ceci est un gros, mais alors un gros piège à cons.

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Il approche ! Son Heure est venue ! Le Vote est là !

Posté par rhuyzar le 24 mai 2009

Et vous ? Qu’allez-vous voter le 7 Juin prochain ? Telle est la question qui, si elle n’occupe déjà pas la place centrale des conversations citoyennes, sera bientôt au centre des attentions de tous. C’est compréhensible, la démocratie est tellement attirante que n’importe laquelle de ses formes fait saliver le monde entier (prenez l’Irak par exemple, comme ils doivent être heureux maintenant qu’ils l’ont, cette fichue démocratie. Et on ne parlera pas de l’Afghanistan, qui va enfin pouvoir réélire un intégriste en toute tranquillité. Sans la démocratie, nous n’aurions jamais eu la joie de connaitre Karzaï).

 Où est le piège ? Où se dissimule la fourberie et la méchanceté qui me caractérisent dés que j’en viens à aborder ce genre de sujet ? Moi qui crache sur notre héritage judéo-chrétien, sur notre Histoire qu’écrasent les merveilles orientales ou pré-colombiennes, sur notre système qui n’est qu’une avant-garde de 1984, que fiel vais-je encore répandre sur notre magnifique fonctionnement égalitaire (y’en a qui y croient, ne les choquons pas) ?

 Il n’y a pas de piège. J’ai décidé de laisser voir chacun ce qu’il veut dans ces mots. Je n’ai pas envie de combattre, je vais me contenter de lancer un appel, totalement contre-productif et anti-citoyen, ce genre de choses qui m’aide à dormir la nuit et à avoir la conscience tranquille. Qui plus est je vais contredire TF1, et rien que ça, ça remonte l’égo d’une bonne dizaine de crans sur l’échelle de Gengis Khan.

 

LE 7 JUIN, NE VOTEZ PAS !

 

Arrive la fameuse réaction logique de l’humain (citoyen en français) qui n’a pas envie de se laisser convaincre et va chercher tous les moyens possibles pour se plier à ce que lui dit sa boite à images: pourquoi donc cher monsieur dont le propos vous assimile furieusement à ces méchants anarcho-autonomes de Tarnac qui mangent des bébés et veulent la Lorraine (d’où le fait qu’ils n’auront pas Tarnac et la Lorraine) ?

Parce qu’il est temps de cesser de cautionner un système, une élite, une caste, une noblesse, qui nous fait payer le prix, à nous, individus qu’elle est sensée représenter, de ses erreurs et de son appétit vorace pour tout ce qui nourrit la chair et l’âme de l’Homme cupide. Devant une telle absence de vertu, nul doute que Maximilien Robespierre se serait fendu d’un bel arrêt cardiaque.

 Pourquoi faudrait-il voter ? Qu’entends-je ? Que le vote est un devoir ? Que le parti a besoin de vous ? Qu’on a bien de la chance de vivre en démocratie ? Que des gens se sont battus pour que nous, misérables vermiceaux geignards, puissions exprimer nos opinions sur un bout de papier même pas format A4 ?

 

Le vote est un devoir. Pire aberration démagogique, ça me semble particulièrement compliqué. Le vote n’est pas un devoir. C’est un droit, une liberté. Un droit à l’expression, dont chacun peut user en fonction de ce qu’il a à dire, ou pas. Enfin, ça c’est la théorie. Parce que dans la pratique moderne, voter consiste à cautionner un individu, ou un groupe d’individus, tous issus du même milieu social, tous coupés de la réalité et des conséquences des décisions qu’ils vont être amenés à prendre, individus qui vous « représenteront » mais que vous ne pourrez pas révoquer si par malheur ils remplissaient mal leur tâche ou ne se tenaient pas à leur parole. On se rapproche dangereusement d’un vieux concept usité par les Roys afin que d’asseoir leur pouvoir. Après la monarchie de droit divin, voici venir la dictature de droit citoyen. Alors non, voter n’est pas un devoir. Ne pas voter est peut-être même la seule liberté d’expression qu’il nous reste, puisque le vote blanc n’a aucun poids. Et si nombreux sont les non-votants, cela provoquera un choc. Détourné, interprété, critiqué, mais un choc tout de même, qui vaudra mieux qu’un silence général de troupeau écoutant le berger.

 

Le parti a besoin de vous. Aujourd’hui, notre démocratie consiste à forcer les gens à se reconnaitre dans une étiquette, un logo, un sigle. Les programmes, les idées, tout est vide de sens et bourré de démagogie sensée séduire certaines classes sociales, professions. La politique rejoint le travail et se mèle habilement au marché pour qu’on ne puisse lui réclamer de s’attaquer à ce dernier. On voudrait nous faire croire que les idéalistes eux-mêmes répondent au besoin d’un système financier qui régit une partie du monde. Que tout le monde doit composer avec. Même l’extrème-gauche est dans ces travers. Elle ne propose plus, elle s’oppose bêtement et sans réfléchir, perdant toute crédibilité à chaque fois qu’on lui demande d’approfondir son raisonnement. Un parti n’est pas une association d’idées, de pensées, de propositions. C’est un troupeau, une force tranquille et bête, qui se nourrit des conflits et des problèmes. Car à l’image des syndicats, sans problèmes à « résoudre », un parti meurt.

 

On a bien de la chance de vivre en démocratie. Allez dire ça aux Afghans et aux Irakiens dont on a ravagé le pays au nom de cette fameuse démocratie. Allez leur demander s’ils sont heureux de se retrouver avec les pires intégristes religieux de la planète à leur tête ? La situation catastrophique de l’Irak ne tenait pas au régime de Saddam Hussein, mais au blocus imposé par les puissances occidentales. Nous avons créé cette crise, ce point de non-retour, pour ensuite brandir notre système idéologique comme réponse à tout. Et de toute manière, un raisonnement par la comparaison est par essence ridicule. Pourquoi comparer quand notre cerveau peut inventer, concevoir ? Pourquoi vouloir juste vivre « mieux » que les autres ? Pourquoi ne pas tendre à vivre bien ? Que les autres fassent ce qu’ils veulent, on ne règle pas les problèmes des autres à leur place. Au pire, nous pourrons toujours leur donner nos idées et leur laisser le choix d’en faire ce qu’ils veulent.

 

Des gens se sont battus pour ce droit. Ah bon ? Je croyais que c’était un devoir. Faudrait savoir à la fin. Et quand bien même des gens se sont battus, c’est leur problème. Et j’ai comme un doute sur le fait qu’ils se soient battus pour que nous nous laissions paisiblement mener à l’abbatoir en signant notre condamnation à mort. Les bouffeurs de curés, les coupeurs de têtes de Roys, les mangeurs de bourgeois étaient pour la plupart tellement épris de liberté qu’ils étaient prêts à lui sacrifier des litres de sang pour y goûter quelques instants. Notre vote n’est pas une liberté, c’est une chaine avec lequel on nous attache pour nous obliger à assumer un choix facile et ridicule.

 

Pour ces raisons, je ne voterai pas. Je garderai mon droit à dire « je n’étais pas d’accord ». Je me regarderai dans une glace, parce que j’aurai refusé de céder à la facilité et j’aurai préféré me retrouver dans le camp de ceux qu’on insulte et qu’on honnie pour leur rébellion. Parce qu’aucun de ces hommes et de ces femmes ne me représente, parce que personne ne véhicule les idées que je défends, et parce que de toute manière la pluralité des idées n’est plus à l’ordre du jour, on préfère la pensée unique.

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Vieille nouveauté

Posté par rhuyzar le 14 mai 2009

En furetant innocemment sur l’excellent blog d’un certainement non moins excellent magistrat parisien je suis tombé sur un petit paragraphe qui m’a fait sourire… jaune. L’article date de Juillet 2007, il s’agit d’une claire explication du droit administratif. En préambule à l’explication de ce droit, l’auteur dit ceci:

  »Car nous ne devons jamais oublier que l’Etat est un oppresseur potentiel. Il a l’autorité, c’est à dire la pouvoir d’édicter des décisions qui sont obligatoires en elles même et peuvent au besoin être exécutées par la force. Le fait que le sommet de la pyramide tire son pouvoir de l’élection n’est absolument pas une garantie de son caractère démocratique : le XXe siècle fournit nombre d’exemples de despotes arrivés au pouvoir par l’élection. Ce qui garantit le caractère démocratique d’un régime est le respect de l’Etat de droit : l’Etat est soumis aux règles qu’il érige, il est des libertés et des droits qui sont hors de sa portée, et surtout il est possible de contester ses décisions devant un juge indépendant et impartial. »

Bien que trouvant cette définition incomplète (la nature de l’éducation prodiguée dans une nation garantit elle aussi, ou non, son caractère démocratique, de même que sa laïcité et, selon moi, sa capacité à se remettre en question et la possibilité de remettre en cause les élus) elle a le mérite d’être à des kilomètres des facilités démagogiques des penseurs modernes, qui résument la démocratie au bout de papier ridicule qu’on glisse dans l’urne non moins ridicule. Et ce bout d’arbre de justifier la conduite infâmante d’une noblesse de robe aux privilèges sortis tout droit de l’Ancien Régime. Pour ce petit rappel, bien qu’un peu vieux, Maître Eolas, merci.

 

Le blog qui va bien et enchantera vos neurones:  http://maitre-eolas.fr/

L’article, très intéressant, dont est tirée ce passage: http://maitre-eolas.fr/2007/07/16/666-l-autre-justice

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Le pujilat avec l’Iran c’est plus amusant que le racisme

Posté par rhuyzar le 24 avril 2009

Il faut avouer, j’avais un peu zappé ce grand sommet mondial contre le racisme. Il me faut également confesser que dés l’annonce de son organisation, mon humeur pessimiste m’avait glissé que ça ne servirait à rien, et que hormis une réunion de grosses huiles déblatérant pendant des heures pour ne rien dire, rien de bien reluisant n’en sortirait. C’était sans compter Ahmadinejad. En campagne électorale, le symbole de l’Iran qui fait peur n’a pas loupé l’occasion d’en rajouter une couche, et de permettre aux représentants de l’Occident de se draper une nouvelle fois dans un ridicule qui, je vous rassure, n’a tué personne.

Quel était le but du sommet Durban II ? Eh bien, on ne sait pas vraiment. Combattre le racisme, l’exclusion et ce genre de choses, se prendre pour l’ONU le temps de quelques jours et annoncer des mesures fracassantes dont personne ne garantirait la mise en place pratique. On se marre d’avance hein ? Ou alors on déprime à voir la publicité qu’on peut faire à des trucs sans intérêt qui servent à masquer l’essouflement d’un système démocratique qui révèle chaque jour un peu plus ses failles. Mais encore faut-il accepter de les voir, les failles.

 Il se disait que Durban II permettrait d’enfin demander des comptes à l’état d’Israël pour les massacres de Gaza. Pour ma part j’aimerais leur demander des comptes pour les soixantes dernières années, mais passons, si en effet le problème Gaza était traité c’était déjà pas mal.

Et c’est là qu’intervient le méchant Iranien, avec les méthodes qu’on lui connait. Un discours franc, rompant avec le ronflant langage diplomatique, Ahmadinejad a asséné quelques vérités guère innovatrices mais que tout le monde se garde bien de prononcer, parce que la diplomatie le veut. Pour ceux qui connaissent un peu le personnage, ça n’a rien d’étonnant. C’est sa porte de sortie. A l’état lamentable de son pays et de sa politique, il oppose une courageuse résistance à l’Occident sur la scène internationale. Et le Moyen-Orient ayant plutôt mal vécu les différentes incursions Israéliennes ou Américaines, il se pose ainsi en leader d’un courant de pensée qui manque cruellement d’orateurs. Il sauve sa tête par sa provocation, et la technique marche, puisqu’à chacune de ses sorties tout le monde s’offusque et lui donne davantage de grain à moudre. Ainsi, en refusant de reconnaitre et de réparer ses erreurs, le monde occidental perd toute crédibilité pour faire la leçon à l’Iran. Et Ahmadinejad manie la surenchère comme personne.

 On retrouve ainsi le même schéma qui permet au Hamas ou au Hezbollah de rester le symbole d’une résistance légitime, alors même que les valeurs qui les portent sont des plus déplorables. Qui sommes-nous pour demander leur disparition, alors que nos armes ont permis les meurtres des Faucons et de Tsahal, que nous avons refusé dix ans durant le droit à Yasser Arafat de négocier la paix et des accords avec Israël ? Dans ces conditions, les organisations militaires Islamistes trouvent un terrain parfait. Et il est trop tard pour regretter, l’OLP et le Fatah nous tendirent la main, aujourd’hui ils disparaissent lentement.

 A Yasser Arafat a succédé Ahmadinejad, tout un symbole. Du renard fin stratège qui sacrifia sa vie à son peuple, on se retrouve aujourd’hui face à un magouilleur qui joue avec nos imbécilités. Il est aujourd’hui évident qu’il ne veut pas négocier, notre position extrêmiste vis à vis du monde arabe lui offre tous les arguments nécessaires à ses réélections à la tête de son pays. Plus on cogne, plus il se renforce, tel le martyr. Et l’Occident ne s’abaissera pas à négocier ou à traiter, alors que ces actions marqueraient le début de sa fin. Comme toute force tirant sa force de son opposition à un ennemi, ôtez-lui l’ennemi, il s’écroulera de lui-même.

 Mais revenons à Durban. Qu’a donc encore fait Ahmadinejad ? Il a affirmé lors de son discours qu’Israël était un état raciste, cautionné et créé par le monde occidental suite à la Shoah. Son discours fut targué de raciste. Si on peut reconnaitre une facilité du raccourci et des mots un peu durs, ses paroles ne sont en revanche pas franchement mensongère. Tout juste regrettera-t-on que des individus plus intègres n’aient pas appuyé une telle déclaration. Car en réalité Israël est bien un état raciste. L’interdiction, aux dernières élections, des différents partis arabes Israéliens en fut une nouvelle preuve. Les bombes pleuvant sur Gaza, l’assaut du Liban, le refus de négocier, la colonisation, la privation des terres, rien dans ces actes ne répond à des motivations autres que racistes. Et oui, Israël fut l’option que choisirent les occidentaux pour se débarasser du problème juif. Après s’être servis des tribus arabes pour affaiblir les Turcs, nos dirigeants leur imposèrent la présence d’un peuple défini par sa religion. Usés et affaiblis par la présence coloniale encore forte dans la région, les tribus arabes ne firent pas le poids et durent bientôt subir les actes d’un état se posant en guerre permanente.

Bien qu’usant d’un raccourci, Ahmadinejad n’a fait que poser les faits. Et si les occidentaux ont quitté la salle lors de son discours pour marquer leur désaccord, les autres représentants des autres régions du monde l’ont applaudi, offrant ainsi une nouvelle carrure au dirigeant Iranien, dont il compte certainement user à loisir.

 Au nom de la morale, l’occident a encore loupé une occasion d’assumer ses erreurs et de changer de politique vis à vis de la Palestine et d’Israël. Ce faisant elle a renforcé l’influence d’Ahmadinejad et certainement affaibli ses liens avec le reste du monde qui va commencer à en avoir doucement marre de passer devant La Haye pour des massacres de guerre civile quand Tsahal génocide joyeusement sans conséquences. A Durban on a encore tout gagné, pour changer.

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La famille, héritage archaïque

Posté par rhuyzar le 20 avril 2009

C’est un sujet qui me travaille depuis de nombreuses années déjà. La place qu’on attribue à la famille dans nos sociétés, le poids qu’elle a et surtout, ne nous cachons pas, ses effets néfastes sur nos comportements depuis des générations.

Car s’il est bien un bloc inamovible en ces temps de pseudo-changement, c’est la famille. Instrument sacré, on a longtemps jugé un Homme à l’apparence de sa famille, et sa réussite sociale tenait à la longueur de sa vie commune avec quelques personnes réduites. Que de potentiels gâchés pour cette fichue famille. Que de jugements hâtifs ont été faits à des Hommes pour n’avoir pas placé cette valeur au centre de leur définition d’existence.

Rares sont ceux disposant du courage ou de la lucidité pour remettre en question cette structure millénaire, ce culte de l’enfermement et du rejet du monde extérieur. Rares sont ceux capables de se détacher de ces codes pour acquérir une pleine liberté, et d’autant plus rares sont ceux qui résistent jusqu’à leur mort. J’ai l’orgueil de penser que je serai de ceux-là, que ces valeurs qui ne sont pas miennes ne le deviendront jamais, et que je ferai toujours égoïstement passer mon bonheur et celui de ceux que j’aime avant la procréation.

La famille est une société dans la société. Elle est un groupe, régi par des règles et des codes, qui évolue au sein du groupe général constituant une société. La famille contribue à plein à ce système d’enfermement d’individus dans une classe ou un milieu social. L’école et l’éducation pour tous sont de jolies chimères, mais quiconque d’à peu près éveillé sait pertinemment qu’elles ne suffisent pas à offrir toutes les chances à un enfant, et que c’est l’influence de son milieu, de sa famille, qui décidera de son parcours et de sa vie. L’ascenseur social est une farce digne du loto et il ne touche que les rares enfants suffisamment géniaux pour ne pas nécessiter un soutien de leur famille. Une autre forme du droit du sang. De son franc racisme nous sommes passés à une hypocrisie volontaire bercée par une douce utopie mensongère. La famille, la généalogie sont toujours les éléments déterminants d’une vie.

Afin d’éviter l’éclatement de la famille comme valeur pilier on a transformé en vérité certaines théories et induit certains principes moraux comme nécessaires à l’existence d’individus. Ainsi on sait désormais qu’un enfant ne sera pas mieux élevé ou éduqué que par ses deux parents biologiques, qu’une descendance génétique crée un lien affectif et que l’enfant doit un tas de choses plus absurdes les unes que les autres à ses ancêtres. Il faut surtout éviter l’ouverture au monde, l’extérieur est un danger incontrôlable une fois qu’il a pénétré le cercle de la famille. On érige en règles des principes concernant des individus, dont on sait qu’ils sont chacun différents les uns des autres. Absurdité volontaire d’un système qui ne veut pas disparaitre. Tout comme il est des enfants éduqués et élevés parfaitement par leurs parents, il en est tout autant qui virent au drame dans un entêtement rappelant les imbécilités les plus crasses de l’humanité. Car au nom d’un lien affectif imaginaire on sacrifie le bien-être de l’enfant à la curiosité permanente et au besoin de comprendre en assistant aux choses. Elever un enfant est une tâche rude qui dure longtemps. Elle demande une présence, une écoute, une attention de presque chaque instant, ainsi qu’une compréhension et une stabilité émotionnelle importante. L’enfant est doué d’un instinct hors du commun, un faux équilibre de façade ne le dupera pas et bien souvent il s’attribuera l’origine des douleurs qu’il ressent. Si l’enfant réclame papa et maman ce n’est pas parce que ces mots et ce lien sont inscrits dans son sang, c’est simplement parce que c’est ainsi que sont appelées devant lui ces personnes qu’il côtoie chaque jour, qui le nourrissent, lui offrent un endroit où dormir, le consolent et le soignent. La filiation ne crée aucun lien, c’est le contact qui en est l’origine.

Notre conception de la famille est dangereuse. Elle va à l’encontre des principes d’ouverture d’esprit et d’ouverture au monde, elle maintient les enfants dans un milieu qu’ils ne peuvent choisir et leur impose des valeurs dont ils ne peuvent dire s’ils les aiment ou non. Elle les inscrit dans une histoire qui n’est pas la leur et qu’on leur transmettra au nom du principe d’héritage. La structure familiale érige avant même sa naissance les fondations de la vie de l’enfant et se met au service de la société de classes et de l’immobilisme. On ne peut demander à des individus d’être ouverts d’esprits si ils ont grandi entourés de gens qui leur ont conseillé de se méfier de l’extérieur. On ne peut changer une société sans changer sa base. Et jamais, dans des débats d’opinion publique je n’ai assisté à des réflexions sur cet état de fait. Il faut cesser de voir notre conception de la famille comme un refuge. Elle ne protège de rien et ne fait qu’accroitre le mal qui nous ronge.

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Victimisation, la nouvelle maladie de ce siècle

Posté par rhuyzar le 4 avril 2009

J’ai comme un doute sur le fait que Blue Öyster Cult soit le fond musical parfait pour cet article, mais comme j’ai envie d’écouter Astronomy et d’écrire ce machin, on va tenter l’association des genres, quitte à sombrer dans la nullité la plus totale.

Commençons par le contexte. Pourquoi écrire ce qui va suivre ? Pourquoi encore perdre un peu de temps à aligner des mots sur un sujet dont tout le monde, soit se contrebalance la rigoulette avec un oignon, soit a déjà un avis bien forgé ? Parce que qui ne tente rien n’a rien, et parce que, comme chacun sait, l’amoncellement de débilités proférées sur des forums, sites, chaines de télévision, journaux à propos de la justice a tendance à me sortir par les oreilles, le nez et nombre d’orifices que je ne citerai pas pour respecter ma ligne éditoriale pas encore clairement définie, mais ça viendra.

 Pour tout vous dire, c’est un forum fréquenté par une amie qui a mis le feu aux poudres. S’y est déroulée une discussion faisant suite à la diffusion, sur France2, d’un reportage traitant de l’état du monde carcéral français (autant vous dire que ça devait pas être brillant, si le reportage s’attachait à aller un minimum au fond des choses). Et ça n’a pas loupé. A l’horreur des images et du propos ont succédé des réactions aussi peu variées qu’inutiles voire sadiques sur la condition des prisonniers. Je ne me lancerai pas dans le débat long et fastidieux autour des punitions parfaites, et n’exposerai pas mon point de vue sur la prison en tant que remède aux déviances. Toujours est-il qu’on a pu voir, sur ce fameux forum, des mères de famille (quelle appellation charmante, révélatrice d’une structure sociale érigée en culte ridicule), des célibataires et surement plein de personnes aux horizons divers et variés nous expliquer bien aimablement ce qu’elles pensaient de la manière dont vivaient (survivaient ?) les détenus. En substance, et pour vous résumer la chose, que s’il s’en trouvait pour ne pas mériter ça, les violeurs, pédophiles et autres Gilles de Retz l’avaient quand même bien cherché et que c’était bien fait pour eux, voir même qu’ils devraient s’estimer heureux de n’être pas passés sur la chaise (ah bon, on pratique encore la peine de mort chez nous ?).

 C’est à ceci que je veux répondre. A ce phénomène dangereux et malsain pour l’état d’une société qu’on nommera la victimisation. Les médias pratiquent cet art depuis des années déjà. Il s’agit en gros de se saisir d’une bonne grosse affaire choquante (un pédophile, un tueur en série ou toute personne un brin dérangée répondant au profil du « monstre » convenant parfaitement) et de marteler que la justice doit réparer, condamner durement sans s’attarder à comprendre la personne qu’elle juge et soulager les VICTIMES. C’est le premier effet de cette démonstration subjective. Placer les victimes au centre du rôle de la justice. Si je suis pour le principe de réparation et si je conçois tout à fait la douleur que peut éprouver un groupe (j’aime vraiment pas le mot famille) à avoir perdu l’un des siens ou à avoir été violé dans son intimité, je ne vois pas en quoi un acharnement judiciaire sur l’individu qui leur a infligé cette souffrance les aidera à aller mieux. Résumer le processus de justice à aider les victimes c’est s’approcher davantage de la Loi du Talion Coranique que d’un principe visant à réparer ou aller de l’avant. Qui plus est, et c’est tout à fait normal, les victimes ne peuvent être objectives dans leurs réclamations vis à vis du coupable ou présumé comme tel. Elles ont été choquées, blessées, meurtries et par ricochet, tel un animal blessé, développent un comportement agressif d’auto-défense. Hors, au moment de juger, nous n’en sommes plus à les protéger, nous en sommes à chercher une résolution du problème pour CHAQUE protagoniste, accusé compris.

Il est aisé de présenter un pédophile ou un violeur comme un « méchant » simpliste motivé par le désir de faire du mal. Le définir ainsi permet de le frapper sans remords et de se rapprocher de ce principe du Talion que je viens d’évoquer. On le prive alors de sa qualité d’être humain qui mérite d’être jugé de la même manière que ses congénères et on le transforme en bête sauvage irrécupérable et dont il n’y a rien à comprendre. Il est méchant, c’est tout, la preuve, il  a violé des enfants. C’est une attitude dangereuse. Car si pour l’instant ne s’applique qu’aux « grand criminels » qu’on a effectivement du mal à comprendre, qui nous dit que demain on n’appliquera pas cette logique aux voleurs de voitures ? Aux bruleurs de poubelles ? Je pense effectivement qu’on ne peut juger un pédophile ou un violeur comme on juge un jeune délinquant en perte de repères. Car je pense, que ces gens, qu’on traite de monstres, sont malades. Je pense qu’ils répondent à des pulsions présentées comme taboues et rejetées par la société qui les poussent à se cacher et les assouvir le plus discrètement possible. Je pense qu’un traitement préalable, une aide psychologique, un dépistage de ces pulsions ferait surement plus de bien que des procès exemplaires où on les insulte à tout bout de champ. La répression n’est en rien un moyen acceptable contre ces gens-là. Car je pense qu’ils ne « réfléchissent » pas à leurs actes, ils ont besoin de les commettre. Et si, ce sont bien des humains. La pédophilie est une attitude vieille comme le monde qui fait partie des « déviances » de l’humanité. Présenter ces gens comme des monstres c’est refuser de reconnaitre cette « maladie » et, par extension, de la soigner.

Je ne veux pas accabler les victimes qu’on peut entendre sangloter ou réclamer justice (répression serait plus juste) exemplaire. Nul doute que si moi-même j’étais victime directement ou indirectement je ne réagirais pas différemment. Mais je le sais et je l’affirme, je n’aurais pas raison, car ma requête serait motivée uniquement par la douleur et la peur, qui ne sont et n’ont jamais été de bons moteurs de compréhension et de décision.

 Alors, si, les pédophiles, les violeurs, les tueurs en série sont des humains. Malades, victimes de défaillances psychologiques dont l’origine est dure à déterminer mais contre qui la répression ne sera jamais d’aucune utilité pour la société. Et comme chaque Homme, ils méritent de vivre, décemment. Les grandes affaires de ce genre devraient servir à pointer le problème, non à l’enfouir en profitant de la douleur des victimes, non à se couper de ces individus dont les actions seront de plus en plus violentes au fur et à mesure qu’on les comprendra de moins en moins.

 Il faut croire que cette manière de réfléchir ne fait pas vendre. Et c’est à se pencher sur ces affaires qu’on constate notre degré de brutalité. A constater les réactions primaires de nos congénères qui choisissent la facilité de la haine. Est-ce une manière de se rassurer ? De s’auto-persuader par la comparaison que ne pas être ainsi c’est être « normal » ? Encore une fois, je ne saurais affirmer avec précision les causes de ces attitudes destructrices, je perçois juste leur pouvoir et leur nombre. Je perçois leur danger. Et c’est pour cette raison qu’il est important d’en parler, d’expliquer, avant qu’il ne soit trop tard. Car la violence, même maquillée de raison, n’engendre jamais la tolérance et une solution durable.

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Pavés contre grenades, Saint-Nazaire n’a pas fait le poids

Posté par rhuyzar le 22 mars 2009

14h. Place de l’Amérique Latine, sur l’esplanade faisant face à l’aberration architecturale et idéologique qu’est le Ruban Bleu. Même lieu que le 29 Janvier. Même foule, et pourtant, nous savions que ce ne serait pas pareil.

Nous en avions parlé de ce jour, et nous l’avions attendu. Après la lutte dans les rues, nous étions surs que les forces de l’ordre seraient présentes en nombre. Plutôt que d’écouter la colère des gens qui ne se retrouvent plus dans cette société, on préfère dépêcher les CRS. Eux au moins ne revendiquent pas. Ils cognent, ils tirent et ils partagent le sentiment de nos élites sur ces voyous cagoulés et ces manifestations néfastes aux bons citoyens qui s’en vont travailler.

Comme la dernière fois, les représentants syndicaux, massés sur la passerelle à quelques mètres du sol, ont débité leurs revendications et leurs bons mots. Moins fiévreux, plus calmes peut-être, ils ont réclamé ce fameux pouvoir d’achat, cette croissance et insulté les patrons qui n’assument pas la crise provoquée par leurs soins. Je n’étais pas vraiment concerné. Je ne suis pas syndiqué, et refuse de l’être. Je ne tiens pas à m’embarquer dans un mouvement qui ne représente pas mes idéaux, mes envies, mes visions. Je ne milite pas pour le pouvoir d’achat. Je ne vais pas défiler pour avoir le droit d’engraisser encore plus les grandes surfaces et légitimer un système où le droit d’exister se paye avec des bouts de papier. Je suis ici parce que j’en ai marre. Marre de cette société qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Marre de cette mascarade démocratique qui veut nous faire croire que le vote est la liberté. Marre de n’être pas écouté, de n’avoir aucun poids, aucun droit et de devoir me plier à des règles et des normes que je refuse de faire miennes. Marre d’un peu tout, disons-le, et je ne suis pas seul dans ce cas.

Après la parlotte, la marche. Le cortège se met en branle. Chacun se range sous ses drapeaux, avec sa profession. Surtout ne nous mélangeons pas, marchons ensemble mais pas côte à côte, faudrait voir à ne pas abuser. A vue d’œil je tablerais pour un chiffre oscillant entre 15.000 et 20.000 personnes. Comme la fois dernière. Une belle mobilisation, une belle présence, peut-être même renforcée par des déçus des mobilisations nantaises, qui ont préféré abandonner les cortèges de catholiques bien-pensant contre la vulgarité d’une ville ouvrière qui ne mâche pas ses mots.

Pour ma part je navigue entre les différents points. Je ne m’attache à aucun groupe. Je regarde, je scrute, je rigole, j’indique à quelques automobilistes arrêtés sur des rues transversales que le demi-tour est certainement la meilleure des options. Le cortège a remonté la rue Charles de Gaulle qui part de la sous-préfecture pour pénétrer dans l’artère principale de la ville, l’Avenue de la République. Nous tournerons ensuite par le Boulevard de la Liberté, pour revenir à notre point de départ, lieu choisi par les organisateurs, pour éviter les affrontements devant la sous-préfecture, où sont certainement massés les agents de l’Etat.

Autant le dire, durant la marche, je m’ennuie ferme. Les slogans me cassent les pieds, les voitures diffusant leur musique déprimante me cassent les oreilles, mais je reste tout de même. C’est l’art du compromis. Même si je trouve d’une bêtise crasse de réclamer des choses à un système conçu pour servir à une élite, je veux tout de même être présent et grossir les rangs des mécontents. Car si chacun, décidait de ne pas venir en raison de désaccords, alors il n’y aurait personne. Et c’est en marchant ensemble que les choses peuvent changer.

Retour devant le Ruban Bleu. Je rejoins des amis. Nous nous asseyons, discutons, essayons de nous retrouver, tandis que des responsables de la CGT font leur possible pour disperser tout les arrivants. Ils ne s’en sortent pas mal avec les enseignants, les infirmières ou la Cfdt (qui est une corporation à part entière. Je suis sur qu’appartenir à la Cfdt demande des aptitudes hors du commun. Moi je ne pourrais pas).

Cela n’empêchera cependant pas un bon millier de personnes (les chiffres officiels disent 300. Je ne sais d’où ils les sortent, parce que pour l’avoir vu de mes yeux, je peux l’affirmer, c’était plus d’un millier) de converger vers la sous-préfecture. Comme la dernière fois, les CRS se sont installés dans une rue transversale longeant le bâtiment. Comme la dernière fois, les manifestants les encerclent des deux côtés. Mais contrairement à la dernière fois, ils ne sont pas vingt, c’est une dizaine de cars qui sont à l’arrêt.

Je précise, à toute fin utile, que comme lors du 29 Janvier, les CRS n’ont procédé à aucune sommation et n’ont aucunement intimé l’ordre aux manifestants de se disperser. Si ce ne sont effectivement pas eux qui ont tiré les premiers, ils n’ont pas bougé, se tenant prêt, dans une attitude finalement provocatrice, écartant toute prévention ou tout dialogue.

Alors, les pavés ont volé, ainsi que des cocktails Molotov, préparés pour l’occasion. Les CRS ont riposté, aidés de grenades lacrymogènes volant dans le ciel, propulsées par leurs fameux lanceurs Cougar. Le gaz s’est répandu et leur charge a suivi, dégageant la voie jusqu’au front de mer, puis repoussant les groupes jusqu’à l’esplanade devant la sous-préfecture. Ils se sont alignés, cachés derrière leurs boucliers, face au rassemblement hétéroclite d’individus plus ou moins agressifs et dispersés. Une chance pour nous, la seconde issue de la rue de départ est bloquée par un groupe de personnes qui ne font preuve d’aucune animosité, empêchant les CRS d’avancer pour nous prendre en tenaille.

L’ensemble est assez chaotique. Quelques groupes épars s’avancent courageusement pour faire pleuvoir la pierre sur les hommes en armure. La réplique se fait à coups de gaz, celui qui brule la gorge et détruit la vue. Je reste dans la zone, naviguant entre les différents points pour prévenir tout débordement sur nos flancs, accompagnant un ami photographe qui s’efforce de recueillir le plus de clichés utiles. Hors de question de le laisser seul, on ne sait que trop ce qui arrive à ceux qui veulent restituer la vérité par l’image dans ce genre d’évènements. Derrière moi, soudain, un mouvement de foule, un groupe d’une vingtaine de personnes se rue sur quelques individus que je ne distingue pas, ça frappe, ça crie. J’apprendrai par la suite qu’il s’agissait de trois agents de la BAC qui avaient tenté d’exfiltrer un manifestant. Opération ratée, ils n’ont récolté que des coups. Quelques instants plus tard c’est un RG qui est repéré, il parviendra à s’enfuir après avoir molesté un civil. Je cherche des yeux notre préposé à la pharmacie pour les soins préventifs en attendant l’arrivée des pompiers.

Le temps passe, les grenades pleuvent et les CRS finissent par charger, ils nous repoussent de l’esplanade, au niveau du rond point. Le rebord de pierre est démantelé pour fournir des projectiles. Plus loin dans la rue commencent les préparatifs d’une barricade, un chantier abandonné non loin servira de ressource. On aide un ouvrier à installer une bande de plastique entre deux lampadaires pour bloquer la rue transversale par laquelle pourraient arriver les CRS. Et ça ne loupe pas, nous les voyons soudain surgir, tandis que leurs copains d’en face se mettent en branle. Repli général, ils accélèrent, ils sont prêts, trop, mais arrivés à leur point de jonction une pluie de pavés les stoppe, les forçant à reculer.

Nous reculerons finalement dans la rue, pressés par les jets de grenade et les petites charges. Leur tactique est bizarre, ils ne semblent ni pressés, ni inquiets. Ils avancent et reculent en permanence, effectuant parfois des replis qu’on pourrait voir comme des pertes de terrain, mais qui n’en sont que plus inquiétants venant de gens spécialisés dans la répression urbaine.

Avec mon ami, nous avancerons de nouveau vers l’esplanade pour quelques clichés. Un peu trop avancés, laissant le rassemblement derrière nous. Quelques grenades et une charge plus tard, nous sommes revenus dans la rue. Nous reculerons encore après un nouveau bombardement précis, les pastilles de lacrymo s’ouvrant à nos pieds, diffusant cet épais nuage blanc toxique. Nouveau repli. Je retrouve un ami préposé aux bouteilles d’eau, nous en distribuons aux gens alentour qui ont souffert du gaz, ainsi que des gouttes pour les yeux. Je crache un peu mes poumons, mais je commence à me familiariser avec cette arme et, le temps passant, les effets s’amoindrissent.

La barricade sommaire est montée, mais une rumeur monte. Les CRS envoyés à Nantes seraient en chemin pour nous prendre en tenaille. Voila qui expliquerait le calme de ceux d’en face. Nous nous préparons à une dispersion, il faut choisir. Partir par le Ruban Bleu, au risque de se retrouver pris au piège mais, en cas de réussite, rejoindre rapidement le centre ville et ses petites artères, ou courir du côté de la base sous-marine et faire un long détour pour rentrer.

C’est finalement la deuxième option qui sera choisie. Au moment où nous voyons avancer derrière nous un second mur de boucliers. Je décampe avec mon groupe vers la base, trainant un peu pour observer la scène. En moins d’une minute, le lieu a été envahi de gaz et les CRS sont là, d’une efficacité redoutable, stoppant les trainards à coups de matraque et procédant à des arrestations musclées et inutilement violentes.

En revenant dans le centre nous croiserons les derniers groupes qui se replient, poursuivis par les CRS, nous réussirons à récupérer quelques connaissances pour leur offrir refuge dans l’appartement. Une bonne heure passera à contacter tous ceux que nous connaissons pour vérifier que personne ne s’est fait prendre. Miracle, pas une seule arrestation dans nos rangs, la journée se finit bien.

A la lecture de ce texte, on se demandera fatalement à quoi a pu servir cet affrontement. On entendra l’éternel refrain sur l’inutile violence. On nous dira que cet épisode a décrédibilisé le mouvement.

Je n’ai qu’une réponse. Nous avons dépassé les revendications syndicales, signifié notre refus de cet état des choses, de cette société qui ne nous offre aucun moyen de réponse, de contrôle. Nous ne voulons pas de pouvoir d’achat, nous ne voulons pas de croissance, nous ne voulons pas d’un monde de requins où on investit d’un pouvoir des gens qui ne se soucient pas des conséquences de leurs actes. Il faut être idiot pour croire encore que les marches, les chants et les banderoles pousseront au changement. Il faut être idiot pour ne pas voir que les gens qui nous « représentent » ne cherchent qu’à ne pas entendre. Il faut être idiot pour vouloir changer les règles en s’y pliant. Nous existons, nous nous exprimerons, et nous recommenceront, car notre violence n’est pas gratuite, elle n’est pas haineuse, elle est porteuse de sens et de revendications, d’envies et d’idées. Elle dit que nous n’avons pas peur des matraques et des grenades, que la répression ne nous éteindra pas et que la justice est certainement bien plus de notre côté que chez ceux qui obéissent bêtement aux ordres sans se poser de questions.

Un esprit libre, dans un corps libre, dans un monde libre et juste. Voila ce que nous voulons.

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